Note technique · Publié le 25 septembre 2026
HoneyGiRead, le projet que j'ai recommencé trois fois
Un agacement partagé avec Poissonlabo, un espace où tout le monde gagne, deux monnaies avec trois lignes rouges, et une sortie en Nouvelle-Zélande avant la France.
Tout est parti d'un agacement partagé avec Poissonlabo, mon meilleur ami, qui dessine et publie ses propres œuvres. Les plateformes de manga amateur qu'on voyait en France affichaient de la publicité sans rien reverser aux auteurs. Pas de passion dans le produit, juste du profit. On a décidé de construire l'espace qu'on aurait voulu trouver, un endroit où tout le monde gagne, les auteurs, les lecteurs, et nous.
Je l'ai recommencé trois fois. Pas par hésitation, pour partir sur de bonnes bases. La version actuelle a été cadrée avant d'être codée, avec un cahier des charges, des maquettes d'écrans et vingt-trois diagrammes versionnés dans le dépôt d'infrastructure, dont quatre sont publiés sur la page du projet.
Le pari du produit tient en une phrase. Un lecteur qui joue, collectionne et soutient reste plus longtemps, et ce qu'il dépense finit chez l'auteur qu'il lit. Neuf mini-jeux, un gacha de cartes en extensions, une Battle de dessin, et de l'autre côté un abonnement mensuel à un auteur, des pourboires et une part des revenus publicitaires, avec un vrai virement au bout.
L'économie a deux monnaies et trois lignes rouges. Les HoneyCoins s'achètent, les HoneyDrops se gagnent uniquement. On ne vend pas de Drops, on ne convertit jamais des Coins en Drops, et un joueur ne peut rien retirer en argent. Les Drops paient les boosters, les échanges et les mises de Battle. Chaque mouvement écrit une ligne dans un grand livre, et un audit de bout en bout a trouvé trois bugs d'argent réel, corrigés depuis, avec des tests obligatoires sur ces chemins.
Techniquement, c'est quatre surfaces et trois dépôts. Une app Expo et React Native de 168 écrans, une API NestJS de 446 routes sur MongoDB Atlas, un site Vite et React qui sert la réplique, le back-office et un overlay OBS pour les streamers, et une infrastructure Terraform sur AWS. Une seule extension Apple porte l'app Apple Watch, les Live Activities et le widget auteur.
J'ai trouvé et fermé dix failles avant la sortie, dont un paywall appliqué seulement dans l'app, un webhook de paiement sans secret et un compte de revue Apple en dur crédité de 5 000 coins. 248 fichiers de tests, comportementaux plutôt que des instantanés, dont certains lisent le code source pour verrouiller une décision.
L'app est sortie d'abord sur l'App Store néo-zélandais, le 2 septembre 2026, un lancement volontairement cloisonné pour faire valider la régie publicitaire avant la France. La bêta est ouverte en France par TestFlight, Android attend ses clés, et le chantier suivant, c'est de traduire les œuvres du catalogue pour que l'app soit vraiment utilisable hors du français.